
Pour obtenir une autorisation d’urbanisme (permis de construire, permis d’aménager ou déclaration préalable), les travaux doivent être conformes aux règles d’urbanisme, notamment aux règles du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en vigueur (article L.152-1 du code de l’urbanisme).
Ce qui n’autorise aucun écart.
Il existe toutefois des leviers juridiques qui permettent de s'écarter de cette rigueur.
Pour un porteur de projet ou un propriétaire, comprendre ces mécanismes est essentiel pour optimiser le potentiel d'un terrain, voire pour assurer la faisabilité d'un projet.
Voici les leviers juridiques disponibles :
Les adaptations mineures sont prévues par l'article L.152-3 du code de l'urbanisme.
Elles permettent de s'écarter d'une règle prévue par le PLU (implantation, hauteur...).
Leur recours est toutefois strictement encadré.
Exemple : un retrait de 2,90 m par rapport à la limite séparative au lieu des 3 m requis, en raison d’un affleurement rocheux imprévu sur la parcelle.
Les dérogations sont prévues par les articles L.152-4 à L.152-6-10 du code de l'urbanisme.
Il n'en existe aucune autre :cette liste est limitative.
Ces dérogations permettent de s’écarter des règles d’urbanisme prévues par le PLU, voire d’augmenter le potentiel de constructibilité.
Elles permettent aussi de réaliser des projets plus qualitatifs et doivent toujours être expressément sollicitées par le demandeur, le plus souvent avec une pièce justificative.
Les conditions permettant d’en bénéficier sont toutefois assez strictes et bien précises.
Si ces conditions sont réunies, la dérogation peut être accordée mais avec un pouvoir d'appréciation de l'administration important.
Exemple : l'article L.152-6 du code de l'urbanisme permet de déroger au PLU pour autoriser la surélévation d'une construction achevée depuis plus de deux ans, lorsque la surélévation a pour objet la création de logements ou un agrandissement de la surface de logement.
Retrouvez notre article dédié aux dérogations : Les dérogations aux règles d’urbanisme : comment en bénéficier et quelles sont-elles ?
Les exceptions sont à distinguer des dérogations qui doivent être demandées par le pétitionnaire avec un pouvoir d'appréciation de l'administration.
Les exceptions sont directement prévues par le PLU. Elles bénéficient de plein droit si les conditions qui le permettent sont réunies.
Exemple : un PLU prévoit que les constructions doivent être implantées en limite séparative ou en retrait de 3 mètres mais que qu'une impltantation différente peut être autorisée pour s'accoder avec les constructions voisines.
Un PLU ne peut toutefois prévoir des exceptions que si elles sont suffisamment encadrée eu égard à leur portée (CE, 30 septembre 2011, n°339619 ; CE, 28 janvier 2026, n°500730).
Ce qui est par exemple le cas d'un PLU qui contient une exception à la règle d'implantation par rapport aux voies publiques et qui permet une implantation différente pour "raisons d'harmonie, notamment pour tenir compte de l'implantation des constructions existantes ou projetées dans le parcellaire voisin, et pour permettre l'amélioration des constructions existantes" (CE, 30 septembre 2011, n°339619).
Ce n'est en revanche pas le cas d'une exception à la règle de hauteur qui pose des prescriptions devant "en principe" être respectées (CE, 28 janvier 2026, n°500730).
Le recours aux exceptions, dérogations ou adaptations mineures permet de maximiser le potentiel d'un foncier, voire de permettre la réalisation d'un projet qui, sinon, ne serait pas faisable.
Dans tous les cas, il convient de vérifier si les conditions prévues permettent de recourir à une exception prévue par le PLU, une dérogation prévue par le code de l'urbansisme ou une adaptation mineure sont réunies.
Les étapes sont les suivantes :
En cas de refus : des possibilités de recours existent.
Le recours à une exception, une dérogation ou une adaptation mineure conditionne la faisabilité du projet voire sa légalité.
Il existe donc un risque de refus et de recours des tiers.
Le recours à un de ces mécanismes mal calibré fait donc peser un risque juridique important, voire financier.
Le conseil opérationnel : anticipez dès la phase de conception. Une étude de faisabilité juridique permet de déterminer si votre projet entre dans les cases d'une exception, d'une dérogation ou d'une adaptation mineure.
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