
La mise en demeure en urbanisme est un acte administratif par lequel l’autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme (le plus souvent le maire) ordonne à une personne de régulariser des travaux irréguliers car non conformes ou non autorisés.
Il s'agit d'un outil puissant et rapide pour l'administration qui vise à contraindre à la mise en conformité de travaux irréguliers.
Ce mécanisme prévu à l'article L.481-1 du Code de l’urbanisme est issu de l'article 48 de la loi n°2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique.
L’article 26 de la loi n°2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement a considérablement renforcé ce pouvoir de mise en demeure.
Pour les particuliers, promoteurs, entreprises ou autres porteurs de projets, recevoir une mise en demeure peut être déstabilisant.
Cet article vous explique :
L’article L.481-1 du Code de l’urbanisme permet à l’autorité compétente pour délivrer le permis de construire, lorsqu’elle constate des travaux irréguliers, de :
Il s’agit d’une mesure administrative, distincte des poursuites pénales qui peuvent également être engagées en présence de travaux irréguliers.
👉 Concrètement, la mise en demeure vise à obtenir la remise en conformité par des travaux ou par l'obtention d'une autorisation de régularisation, en fonction de la nature de l'irrégularité constatée et des moyens qui peuvent permettre d'y remédier.
Une mise en demeure sur le fondement de l’article L.481-1 du Code de l'urbanisme peut être prise en présence de travaux irréguliers, par exemple :
Aucune mise en demeure ne peut en revanche être prise si les travaux réalisés sont conformes à une autorisation d'urbanisme accordée, si l'autorité compétente estime que cette autorisation a été accordée en méconnaissance des règles d'urbanisme, tant que l'autorisation n'a pas été annulée par le juge administratif (CE, 30 décembre 2025, n°502194).
Un particulier construit une extension de 35 m² sans permis de construire. Un procès-verbal d’infraction est dressé et le maire sollicite les observations de l'intéressé. Le maire peut alors prendre une mise en demeure exigeant le dépôt d’un permis ou la démolition de l’extension.
Un promoteur réalise un immeuble avec un étage supplémentaire non conforme au permis délivré. L’autorité compétente peut ordonner la mise en conformité sous astreinte après respect de la procédure prévue.
La mise en demeure est une procédure complémentaire mais indépendante de poursuites pénales qui peuvent être exercées en cas d'infraction pénale d'urbanisme.
Elle intervient après la constatation de l’infraction par procès-verbal et respect d'une procédure contradictoire qui permet à l'intéressé de présenter ses observations
L’arrêté de mise en demeure doit préciser :
⚠️ Une motivation insuffisante peut constituer un moyen d’annulation.
Depuis la loi de simplification de l'urbanisme, l'administration peut également, plutôt que de mettre en demeure de régulariser, ordonner le paiement d’une amende d'un montant maximal de 30 000 euros.
L’article L.481-1 du Code de l'urbanisme permet d’assortir la mise en demeure d’une astreinte financière journalière.
Cette astreinte peut désormais atteindre jusqu’à 1000 € par jour de retard, dans la limite d’un plafond de 100 000 €.
Elle commence à courir :
👉 L’astreinte est indépendante d’éventuelles sanctions pénales.
Dans de nombreux cas, la régularisation est possible :
Mais attention :
👉 La régularisation n’est possible que si le projet est conforme aux règles d’urbanisme applicables au jour où l’administration statue. Si le PLU interdit désormais ce type de construction, la démolition peut être exigée.
La mise en demeure constitue un acte administratif faisant grief. Elle peut donc faire l’objet :
Le délai est en principe de 2 mois à compter de la notification de l’arrêté.
Il est donc crucial de ne pas laisser passer ce délai court.
Si vous recevez une mise en demeure sur le fondement de l’article L.481-1 du Code de l’urbanisme :
L’absence de réaction entraînera le déclenchement de l’astreinte.
Quelques points à contrôler :
Un audit rapide du projet par un professionnel est recommandé.
En cas d’illégalité manifeste, un recours peut permettre l’annulation de la mise en demeure et, le cas échéant, constituer un gain de temps pour régulariser.
La mise en demeure en urbanisme est un outil particulièrement technique et stratégique pour les collectivités, mais aussi un risque juridique majeur pour les propriétaires et opérateurs immobiliers.
Un avocat en droit de l’urbanisme peut :
La mise en demeure en urbanisme fondée sur l’article L.481-1 du Code de l’urbanisme est :
✔️ une mesure administrative
✔️ visant la régularisation de travaux irréguliers ou prononçant une amende
✔️ pouvant être assortie d’une astreinte financière
✔️ contestable devant le juge administratif
Nous accompagnons les porteurs de projets en présence d'une mise en demeure sur le fondement de l'article L.481-1 du Code de l'urbanisme.
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