
Transformer des combles existants en chambre, en bureau, voire en un nouveau logement est une solution intéressante pour gagner des mètres carrés sans avoir à réaliser une extension. Mais avant de lancer les travaux, il est important de vérifier si une autorisation d'urbanisme est nécessaire, déclaration préalable ou permis de construire.
Vous trouverez les réponses à ces questions dans cet article.
L'aménagement de combles peut être ou non soumise à autorisation d'urbanisme selon les cas.
Si une autorisation d'urbanisme est requise, cela est, le plus souvent, en raison de la création de surface de plancher, selon les seuils prévus par le code de l’urbanisme, ou en raison d'une modification de l’aspect extérieur du bâtiment.
Il peut s'agir d'un permis de construire ou d'une déclaration préalable.
Si les travaux modifient l'aspect extérieur du bâtiment (création de fenêtres, de velux, modification de la pente des la toiture...), ils sont soumis à autorisation d'urbanisme.
Une déclaration préalable est au moins requise.
La surface de plancher correspond à la somme des surfaces de plancher de :
Les surfaces d'une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre ne constituent donc pas de la surface de plancher.
Le relèvement de combles au-delà de 1,80 m génère ainsi en principe de la surface de plancher nouvelle et peut être soumis à autorisation d'urbanisme.
Sont également exclues les surfaces de plancher des combles non aménageables. C'est-à-dire :
Autrement dit, des combles génèrent déjà de la surface de plancher si leur hauteur au plafond est supérieure à 1,80 m et s’ils sont aménageables (quand bien même ils ne seraient pas aménagés). Leur seul aménagement ne crée pas de surface de plancher s'il s'agit de combles déjà aménageables. Ce seul aménagement n'est pas soumis à autorisation d'urbanisme.
La transformation en combles aménageables génére en revanche de la surface de plancher et peut être soumise à autorisation d'urbanisme.
Exemple
Un propriétaire transforme un grenier déjà aménageable en chambre avec isolation, peinture et électricité, sans modifier la toiture ni créer d’ouverture supplémentaire.
Dans cette situation, aucune déclaration préalable ni permis de construire n’est nécessaire en principe.
Attention toutefois : certaines zones protégées notamment les plans de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV )
Une déclaration préalable (DP) est nécessaire lorsque les travaux modifient l’aspect extérieur du bâtiment ou créent une surface de plancher limitée :
Exemple
Des combles auparavant non aménageables deviennent habitables grâce à une modification de la charpente créant 18 m² de surface de plancher.
Le projet relève en principe d’une déclaration préalable.
Le permis de construire est requis lorsque les travaux créent une surface importante ou modifient profondément la structure du bâtiment :
Exemple
Une maison située en zone urbaine couverte par un PLU fait l’objet d’un aménagement de combles créant 35 m² habitables supplémentaires.
Si la surface totale de la maison après travaux ne dépasse pas 150 m², une déclaration préalable peut suffire. En revanche, au-delà de 150 m², un permis de construire est nécessaire.
Il existe plusieurs risques en cas de travaux d'aménagement de combles réalisés sans autorisation.
Si les travaux sont soumis à autorisation d'urbanisme et qu'elle n'est pas obtenue, cela constitue une infraction pénale d'urbanisme passible d'une amende comprise entre 1 200 euros et 6 000 euros par m2 de surface de plancher avec mise en conformité sous astreinte de 500 euros au plus par jour de retard assortie, le cas échéant, d'une exécution provisoire.
La commune peut également introduire une action judiciaire devant le tribunal judiciaire pour obtenir la mise en conformité.
En cas de revente, il existe également un risque pour l'acheteur qui peut voir sa responsabilité engagée sur plusieurs fondements.
L'administration peut mettre en demeure le bénéficiaire de régulariser, après avoir dressé un procès-verbal d’infraction et avoir respecté une procédure contradictoire, ce dans un délai donné, sous astreinte d’un montant maximal de 1000 euros par jour de retard et au total de 100 000 euros. Elle peut également ordonner le paiement d’une amende d’un montant maximal de 30 000 euros.
Le risque est également de ne pas pouvoir régulariser en cas de non-conformité au PLU.
Dans un immeuble en copropriété, l’autorisation d’urbanisme ne suffit de plus pas toujours. Il faut également vérifier le règlement de copropriété et la qualification des combles, les travaux pouvant supposer d'obtenir l'autorisation de l'assemblée générale.
L’aménagement de combles ne nécessite pas systématiquement un permis de construire.
En résumé :
Avant de démarrer les travaux, il est fortement recommandé d’analyser précisément :
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