
Le changement de destination est une notion centrale en droit de l’urbanisme.
Transformer un local commercial en habitation, aménager un entrepôt en bureaux ou encore convertir une maison en meublé touristique.
Autant de projets qui peuvent relever du changement de destination et être soumis à autorisation d'urbanisme.
L’identification de la destination d’un bien est essentielle. Elle conditionne en effet l’application de règles d’urbanisme différenciées en fonction de la destination des constructions.
Identifier si le projet est soumis à changement de destination est également fondamental. Le changement de destination est en effet soumis à autorisation d'urbanisme.
Alors qu’est-ce qu’un changement de destination en urbanisme ?
Changement de destination : déclaration préalable ou permis de construire ?
Est-ce que la mairie peut refuser un changement de destination ?
Quels sont les risques en cas d’absence d’autorisation ?
Comment sécuriser son projet de changement de destination ?
La destination d’une construction correspond à l’activité pour laquelle cette construction a été autorisée sur le plan du droit de l'urbanisme.
Les différentes destinations et sous-destinations des constructions sont prévues par les articles R.151-27 et R.151-28 du code de l’urbanisme.
Il s’agit des destinations et sous-destinations suivantes :
1. Exploitation agricole et forestière
2. Habitation
3. Commerce et activités de service
4. Équipements d’intérêt collectif et services publics
5. Autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire
Le contenu de chaque sous-destination est précisé par des textes, de la doctrine administrative et la jurisprudence des juridictions administratives.
L'analyse de cet ensemble permet d'identifier, pour une activité donnée, de quelle destination et sous-destination elle relève.
Le changement de destination correspond ainsi à un changement de l'activité exploitée qui fait passer d'une des destinations à une autre destination.
Exemples courants :
L’activité exploitée dans une construction peut être amenée à évoluer.
Tout changement de destination est a minima soumis à déclaration préalable (article R.421-17 b. du code de l’urbanisme).
Les changements de destinations entre les différentes destinations et sous-destinations sont toutefois soumis à permis de construire lorsqu’ils s’accompagnent de travaux ayant pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment (article R.421-14 c. du code de l’urbanisme).
Les destinations autorisées sont précisées par le Plan Local d'Urbanisme (PLU).
Il convient donc de se référer au PLU pour savoir quelles sont les destinations autorisées, autorisées sous certaines conditions ou interdites.
Si l'activité relève d'une destination interdite par le PLU, le changement de destination sera refusé.
Si l'activité relève d'une destination autorisée sous conditions par le PLU et que ces dernières ne sont pas satisfaites, le changement de destination sera également refusé.
Il est donc important de s'assurer que l'activité relève d'une destination autorisée par le PLU et que les éventuelles conditions prévues par le plan local d'urbanisme sont satisfaites.
Le règlement de copropriété peut interdire certaines activités. Une autorisation de l’assemblée générale peut être requise.
Dans certains secteurs sauvegardés soumis à une protection patrimoniale, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France peut être nécessaire.
Attention à la réglementation sur le changement d’usage, distincte du changement de destination en urbanisme, notamment en cas de création d'un meublé de tourisme qui peut nécessiter d'obtenir une autorisation de changement d'usage en plus de l'autorisation de changement de destination.
Un changement de destination réalisé sans autorisation peut être la source de risques importants.
Il s'agit en effet d'une infraction passible de sanction pénale.
La collectivité peut également prendre des mesures administratives pour contraindre à la restitution de la destination initiale autorisée.
Les mesures suivantes peuvent notamment être prises :
Un changement de destination fait sans autorisation peut également être une source de difficultés lors d’une revente et dévaluer fortement le bien.
Une régularisation peut toutefois être envisagée si la destination est autorisée par le PLU, via une autorisation de régularisation.
Avant tout changement d'activité dans un immeuble existant, il est recommandé de :
Une étude juridique en amont permet de diminuer les risques de refus et de contentieux ultérieurs.
ASTEN AVOCATS accompagne collectivités, promoteurs et autres porteurs de projets.
📩 Contactez-nous pour un accompagnement sur mesure.
Contactez nous
et parlons de votre projet